Une activité comme les autres ?
Le yoga vu par les occidentaux
Quand on demande à un occidental, « Qu’est-ce que le yoga ? », immanquablement sa réponse sera du type : « Il s’agit d’une technique orientale visant à la relaxation, au lâcher-prise, à la détente ; elle permet de faire le vide dans sa tête, de gérer son stress, d’être beaucoup plus calme, etc. »
Parfois la personne interrogée ira un peu plus loin en citant les différentes techniques : Hatha, Vinyasa, Yin ; ou encore des positions : posture du lotus, du cobra, de la chandelle ou encore du pigeon.
Et puis, si vous insistez un peu, on vous parlera de souplesse, de techniques de respiration. Et puis, peut-être encore de personnes connues qui pratiquent telle ou telle technique, et qui postent leurs prouesses sur les réseaux sociaux.
En fait, si on résume le yoga serait une activité physique comme les autres qui se pratiquerait comme un sport quelconque avec les mêmes bénéfices attendus, les mêmes challenges, les mêmes performances, les mêmes records.
Mais qu’en est-il de son aspect spirituel ?

Le yoga de Patanjali
Mais comment est-il perçu par ceux qui l’ont vu naître, c’est-à-dire les Indiens ?
Commençons par le début, par sa définition : le mot yoga vient du sanskrit qui signifie « union divine ». C’est une discipline ou pratique commune à plusieurs époques et courants, visant par la méditation, l’ascèse et les exercices corporels, à réaliser l’unification de l’être humain dans ses aspects physique, psychique et spirituel.
Les quatre voies traditionnelles majeures sont le jnana yoga (sagesse), le bhakti yoga (dévotion), le karma yoga (service et action désintéressés) et le raja yoga (« intégral » ou « royal », associant les trois types précédents). Elles sont exposées dans des textes tels que la Bhagavad-Gita et les Yoga-sûtra, texte de référence attribué à Patanjali.
Comme nous allons le voir, les asanas (postures), ne constituent qu’une toute petite partie de ces voies traditionnelles. Ce sont pourtant elles qui ont été majoritairement reprises par les techniques actuelles et déclinées en une infinités de pratiques, en oubliant la philosophe ancestrale, la spiritualité qui en sont la source. C’est comme si nous avions tout découpé en tranches fines et pris une petite partie pour le tout. Cela n’a pas de sens.
Pour Patanjali, l’objectif du yoga est la cessation de l’agitation du mental qui stimule la souffrance et la confusion de l’égo avec le Soi.
Il décrit un chemin (« sadhana ») en 8 étapes, permettant d’atteindre le « samadhi », l’union avec Dieu :
- yama : pratiquer les devoirs moraux élémentaires envers les autres comme envers soi-même (en d’autres termes, ce qu’on ne doit pas faire). Nous pourrions les mettre en parallèle avec les 10 commandements de la Bible (Tu ne tueras point, tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain, tu ne commettra point l’adultère, tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain, etc.) ;
- niyama : se discipliner et se mesurer dans la pratique quotidienne (ce qu’on doit faire ; il s’agit d’une discipline morale) ;
- asana : la posture, se tenir tranquille de façon stable ;
- pranayama : devenir conscient de la respiration ;
- pratyahara : intériorisation ;
- dharana : concentration ;
- dhyana : méditation profonde ;
- samadhi : contemplation profonde.


Dans son célèbre ouvrage « Autobiographie d’un yogi », Paramahansa Yogananda, maître spirituel réalisé et père du yoga en Occident, fait le pont entre la tradition et les enseignements de l’Inde avec la civilisation occidentale. Il nous enseigne que, loin d’être une simple technique, le yoga est avant tout une science complète qui permet d’atteindre à coup sûr l’union divine.
Une fois parcourues, les huit étapes du chemin de Patanjali, constituent un voyage dont la destination est le samadhi, l’union divine entière et totale, autrement dit la félicité toujours existante, toujours consciente et toujours renouvelée.
Quel beau message d’espoir ! Il existe donc un chemin, scientifique de surcroît, qui nous permettrait d’atteindre ici et maintenant la réalisation du Soi …
Alors qu’attendons-nous pour nous mettre en chemin ? Le premier pas est toujours le plus dur et le plus décisif.

